dimanche, mai 24, 2015

Une soupe 100% sorcière


«Une soupe 100% sorcière » n’est pas un livre comme les autres. C’est un conte et surtout l’histoire de la sorcière Kroquela.

Ce jour-là, elle se trouve fort embêtée car elle n’a pas les ingrédients nécessaires afin de préparer sa terrible soupe magique ; qu’à cela ne tienne, la voilà chevauchant son balai enchanté, partie quêter (rien de cochon, promis), auprès de ses voisins les Ogres, la famille du Petit Poucet ou même chez Mère-Grand… Enfin, quêter c’est vite dit ; elle va surtout leur chaparder ce qu’elle peut dans leur potager sans rien demander. :)

Mais cette soupe magique va lui réserver bien des surprises et du fil à retordre…
Cette histoire qui s’étale sur une trentaine de pages est une sacrée jolie surprise. Écrit et dessiné par Simon Quitterie et Magalie Le Huche, ce récit est destiné principalement à la tranche 4-7 ans et servira aisément de porte ouverte ou de tremplin vers d’autres contes traditionnels.



Même si c’est une vilaine sorcière, tout dans cette histoire est original, plein d’humour et de rebondissements. Le vocable utilisé est super accessible, facile à maitriser et à lire. De plus, l’histoire est joliment illustrée par de savoureux dessins qui plairont aux enfants, ce qui n’est pas chose facile.  Et ce, sans compter l’histoire elle-même qui permettra aux enfants de découvrir aussi bien une jolie histoire que les bienfaits d’une bonne soupe… et qui sait, de la gouter ? Ça fait grandir que la madame sorcière elle a dit !

Que demander de plus ? Une couverture dans le vent, des couleurs palpitantes, un format à l’italienne ? Pas de soucis, les éditions P’tit Glénat avec leur collection Vitamine ont prévu le coup et vous font la totale.

Vous avez compris, cette soupe de sorcière est un vrai régal à lire, ou à faire lire.
Bon appétit !

Ps : Et n’oubliez pas de manger des fruits. :)


lundi, mai 18, 2015

Dantès tome 6 : les prémisses d'une couverture

L'air de rien , rien que pour la création d'une couverture il y a un travail de dingue qui est abattu ... découvrez un exemple de travail et de discussion qui sont faites par les éditeurs et les auteurs sur une bande dessinées et ce, rien que pour une cover ...

Les coulisses pour la création d'une couverture sur la bd Dantès chez Dargaud ? C'est ici et c'est assez intéressant :p


samedi, mai 16, 2015

L’homme à la tête de vis et autres histoires déjantées de Mignola

« L’homme à la tête de vis » est un agent gouvernemental très très spécial. Attendez une seconde, j’ai dit un agent « spécial » ?

Oui car « Tête de vis » n’est pas juste un surnom ! C’est vraiment une tête de vis, genre ampoule 200w, et qui s’emboite dans le corps, adaptée à sa tâche comme l’on enfile une chemise pour aller en soirée ou un maillot pour aller à la plage.

Au service du président Abraham Lincoln, sa prochaine mission sera de partir affronter le terrible et machiavélique empereur Zombie qui voudrait bien s’emparer de certains fragments anciens et qui rêve surtout de dominer le monde. Au menu ? Cavale et course poursuite désopilantes.

Loin de l’univers noir de Hellboy ou BPRD qui font encore aujourd’hui le succès de Mike Mignola, ici on est téléporté en pleine époque victorienne et Mary Shelley (boules). L’univers est sombre, empreint de néoromantisme, poétique, déjanté voire même ridicule.

 Initialement publié chez Dark Horse (US) sous format d’épisodes, ce recueil est à prendre comme un side-project qui recompile les histoires courtes écrites fin des années 2000.

Ça fourmille de personnages absurdes et cocasses ; le dessin et le style graphique de l’auteur sont plus que reconnaissables puisqu’il arrive, comme toujours via quelques traits bien placés, à créer une ambiance et nous emporter directement dans son histoire ; indéniablement il est doué.

Teintées d’une atmosphère surnaturelle, c’est sous 77 pages que l’on suivra les aventures extravagantes de cet agent bizarroïde et d’autres aventures qui auront pour trame l’univers et pas, comme le titre le suggère erronément, le héros Tête de Vis.


En parlant de vice, justement il y en a un. Si le traitement graphique est superbe, l’ensemble pourrait manquer de cohérence ou sembler inégal pour l’aficionado et le néophyte.

Il ne faut pas s’y tromper ; le livre est à voir comme un point d’entrée pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur et surtout les plus jeunes. Vous voyez, c’est le genre d’histoire que l’on peut raconter à nos chères têtes blondes/brunes/rousses/chauves/autres au coin d’un feu par une nuit de pleine lune sans trop les traumatiser, mais assez pour les faire frissonner.


D’ailleurs sa propre fille Katie Mignola, âgée à l’époque de 7ans (ouais), a été créditée en tant que co-scénariste pour l’une des histoires ; histoire qui a, par ailleurs et pour la petite anecdote, reçu pas moins que l’Eisner Award de la meilleure histoire courte en 2003 (Le magicien et le serpent).

À sa lecture, l’on entend l’innocence de l’enfance, l’aventure, le rêve, l’étrange, sans oublier une petite dose d’humour et de légèreté. Les inconditionnels de l’auteur et les doux rêveurs apprécieront. 

C’est disponible à peu près partout, c’est édité aux éditions Delcourt pour la version frenchie ou chez Norma Editorial pour la version espagnole.


Pour résumer et comme dirait Peter Pan, un dessin qui fait mouche avec des histoires atypiques et tout en poésie. Un agent bariolé ? Un sorcier déjanté ? Un guerrier perdu en terre onirique ? Tentez l’expérience.



lundi, mai 04, 2015

Breach de Marcos Martin et Bob Harras

80’s, Reagan est au pouvoir, Madonna se trémousse à « oualpé » dans Playboy et le programme Starwars bat son plein. Manque de bol, c’est aussi l’époque de la guerre froide où les Américains et les Soviétiques s’adonnent à leurs sports favoris : la course à l’armement et l’avancée scientifique. Bref comme on dit par chez nous : « À celui qui a la plus grosse », thème on ne peut plus machiste.

Le Major Zanettiest, un militaire pur jus bien patriote comme il faut mais pas trop, père de famille et qui opère, en plus, en tant qu’un des responsables d’une expérience militaro-scientifique assez foireuse ; d’ailleurs le jour J, suite à un problème technique, tout part en couille et presque tout le monde périt dans l’expérience (badaboum).

Unique survivant, et après un coma d’une bonne vingtaine d’années le coupant du monde, il se réveille enfermé dans un caisson, où il apprendra qu’il a perdu non seulement sa femme, son fils, ses amis, son chien, son chat, ses poils, une décoloration, un mal de tête de chien, une bonne déprime mais aussi sa propre identité lors du cataclysme (yeahhh) ; bon, tout n’est pas super noir non plus, il a tout de même gagné au change un super pouvoir qui tuera malheureusement tous ceux qui l’approchent, le condamnant à une solitude certaine… Oui bon, c’est pas la fête. ;)



Isolé, manipulé et dépossédé d’une partie de sa propre humanité, il cherchera à se reconstruire mais c’est sans compter sur de terribles pertes de mémoire et les étranges créatures cauchemardesques qui font fi des humains sur leur passage…

Initialement la saga avait été commandée par DC Comics pour refaire le reboot de Captain Atom et relancer la saga du même nom, parce que bon restons sérieux, PERSONNE ne connait Captain Atom !!! (si si, j’insiste, personne). Mais pour une raison obscure ($$$) et surement parsemée de droits d’auteur, le projet fut sabordé. Du coup, comme le scénario était déjà sous le coude et pas bancal, il n’en fallait pas plus pour que le récit soit adapté et publié. Bonne idée leur en a pris car l’on est loin des histoires à la moralité patriotique déversée par la culture US (ouf !).

L’histoire commence de manière classique avec une tragédie, un accident et une menace à affronter. Bien loin de cette trame conventionnelle, les auteurs nous abreuvent ici d’une histoire beaucoup plus savoureuse, humaine et complexe. Au-delà de la lutte entre le bien et le mal, le personnage principal est vraiment fascinant : un héros torturé, tragique, puissant et qui se voit lui-même en tant qu’une menace.

Dès les premières cases, on sent que l’on a des personnages consistants, avec une vraie épaisseur ; les auteurs arrivent à imprégner un rythme assez particulier loin de ceux où l’on peut rencontrer de l’esbroufe en slip rouge et des canons manichéens du super-héros.



Il faut dire que la dream-team aux commandes de cette saga de deux volumes est composée de Bob Harras pour le scénario, un gars qui a visiblement bien bourlingué dans le monde des comics US, et au dessin Marcos Martin, un autre gars super talentueux qui a déjà reçu le prix Will Eisner en 2012 parce qu’il dessine trop bien. Je ne serais pas exhaustif si je ne mentionnais pas le travail d’ancrage d’Alvaro Lopez et la mise en couleur par les studios « Javier Rodriguez ».




Au niveau du visuel, Marcos Martin fournit un travail dantesque parsemé d’une certaine frénésie impactant jusqu’à la découpe des dessins elle-même. Bref, du tout bon.



Se terminant par un cliffhanger de haut-niveau, cet intégral de plus de 250 pages en deux volumes est malheureusement inédit en français mais disponible en anglais aux éditions DC Comics et en espagnol chez ECC. Perso, je vous le conseille.

En conclusion, Bob Harras, Marcos Martin, Breach : clairement un cocktail explosif qui nous livre une fable servie par un trait dynamique au style défoulatoire et d’une efficacité brute. À conseiller aux amateurs du genre.















samedi, mai 02, 2015

Edito


Suite au changement de la ligne éditoriale de certaines maisons d’édition (aaargh) qui sont devenues un peu plus pingres à cause du cout du papier, l’écologie, les versions électroniques, le cloud et tout ça… et aussi à une certaine inertie qui m’est totalement induite (Oui oui, je fais toujours tout et rien à la fois, c’est un art ! Un jour je vous en ferai une démo.), du coup c’est un agenda littéraire assez amoindri qui est proposé (ah les fourbes).

Mais qu’à cela ne tienne, j’ai plusieurs cordes à mon harpe ; non pas que je sois réfractaire à la technologie mais j’ai toujours trouvé, dans tous les cas pour l’instant, que la bd n’a pas encore trouvé sa forme. Entendez-moi bien, le format électronique permet beaucoup plus qu’une simple retranscription de la version papier en version « écran » et c’est là qu’est l’os, car pour l’instant, c’est juste du copy/paste et n’apporte pas grand-chose, voire on lui retire même certaines de ses lettres de noblesse (Déjà je n’ai plus le plaisir de sentir le frottement du papier au bout de mes mimines de princesse, ça me fait tout bizarre, pas vous ?).

Bref et pour faire court, les bd en version électronique c’est assez middle, et seule une certaine population de critiques pourra y avoir droit en avant-première histoire d’écrire une petite bafouille (traduction : ceux qui font des gentilles critiques uniquement)…

Du coup je me pose la question : quel est le rôle d’un critique si ce n’est plus de critiquer ? Sur ce je n’ai qu’un seul mot à dire : « Prout » !

Ouf ça va mieux, on peut passer à la suite.

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